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La sécheresse frappe les maïs, sojas et tournesols non irrigués

Après plus d’un mois sans pluie dans certaines zones du Sud-Ouest, les cultures ne bénéficiant pas de l’irrigation sont en souffrance. Les professionnels craignent des pertes de rendements sensibles, fragilisant un peu plus de nombreuses exploitations.

file-Après plus d’un mois sans pluie dans certains secteurs, les cultures sont en souffrance. © Le Sillon.info
Après plus d’un mois sans pluie dans certains secteurs, les cultures sont en souffrance. © Le Sillon.info

«Les pertes sont maintenant certaines. On commence à voir des plantes sans épis et dont les feuilles ont complètement cramé», constate Michel Larrère. Installé à Montaut (Landes) et président cantonal de la FDSEA, cet agriculteur déplore les pertes à venir sur son territoire de la Chalosse. «Il est à peine tombé quelques gouttes mercredi dernier et aucune pluie n’est annoncée pour les jours à venir. Cela fait maintenant plus d’un mois que les maïs n’ont pas reçu d’eau».

Les données météorologiques confirment son constat. Pour le mois de juillet, les bilans pluviométriques ont enregistré 11 millimètres de pluie à Mont-de-Marsan, soit 45 millimètres de moins que la médiane. À Orthez et Aïcirits, 17 millimètres et 20 millimètres de pluie sont respectivement tombés en juillet, soit environ 50 millimètres de moins que la médiane.

Important retard de végétation

Face à de tels déficits, les cultures non irriguées sont bien sûr les premières à accuser le coup. Les secteurs de coteaux du Sud de l’Adour sont particulièrement affectés. «En plus, cette sécheresse intervient au moment critique de la floraison des maïs», note Michel Larrère. Avec un printemps humide, les semis ont en effet été réalisés avec une quinzaine de jours de retards par rapport à l’année dernière.

Ainsi, au 25 juillet, à peine la moitié des surfaces étaient en floraison en Aquitaine, selon les données du programme Céré’obs de FranceAgriMer, contre 97% en 2015. La date médiane du stade 6 à 8 feuilles présentait aussi un retard de 10 jours par rapport à la moyenne des cinq dernières années et de 14 jours par rapport à 2015.

Le débat sur l’irrigation relancé

Pourtant, jusqu’à la mi-juillet, les choses se présentaient plutôt bien. «Les pluies du mois de juin avaient permis une très bonne pousse… Il y a quelques semaines encore le potentiel était excellent», rapporte le producteur chalossais. Cette année, à nouveau, un tel contexte ne fait que mettre un peu plus en lumière le débat autour de l’accès à l’irrigation, notamment dans le secteur du Sud-Adour. Aux yeux des responsables professionnels de la FDSEA des Landes, une vraie distorsion de concurrence s’est installée entre les exploitations.

Ils militent donc fermement pour la création de ressources nouvelles. «On voit bien que si personne n’apporte de réponses en matière d’irrigation à ces structures, la situation va devenir très difficile, martèle Daniel Peyraube, secrétaire général de la FDSEA des Landes et président de l’AGPM. On ne demande pas à irriguer la totalité des surfaces des exploitations, mais au moins à pouvoir offrir des solutions à chaque producteur… L’irrigation est clairement la meilleure assurance qu’il soit».

Une calamité de plus…

Outre le maïs, ce sont toutes les cultures non irriguées qui tirent la langue. Les tournesols et les sojas ont plutôt bien résisté jusque-là, mais des difficultés commencent à apparaître pour ces productions aussi.

Tandis que de très nombreuses exploitations de polyculture/élevage sont déjà durement touchées par les crises des filières bovines et palmipèdes, la situation des productions végétales non irriguées attise encore un peu plus les inquiétudes. «On peut nourrir de grosses craintes, souffle Michel Larrère. Beaucoup d’entre nous risquent de se trouver dans des situations très difficiles».

F. Brèthes

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