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Des revenus toujours plus bas pour l’élevage allaitant

2016 a été une année difficile pour les éleveurs de bovins viande.Le résultat courant a fortement baissé.

file-Dans contexte sociétal anti-viande, la demande reste incertaine.
Dans contexte sociétal anti-viande, la demande reste incertaine.

En viande bovine, l’Institut de l’élevage (Idele) vient de publier ses prévisions pour l’année 2017: - 1% de consommation en France et +1% de production par rapport à 2016. Ces pourcentages, bien que faibles, suivent toujours la même tendance depuis quatre ans, au détriment des éleveurs. Il ne fait effectivement pas bon être producteur de viande bovine aujourd’hui, comme le montre leur niveau de revenu.

Naisseurs ou engraisseurs, les résultats courants en 2016 avoisinent les 10.000 euros sur l’année, voire sont négatifs dans certains cas. Ainsi, pour un élevage naisseur en système extensif, comme dans le Massif central, le résultat courant négatif atteint - 3.400 euros par unité de main-d’œuvre. Pour les éleveurs naisseurs intensifs, «le résultat courant estimé en 2016 décroche de plus de 10.000 € et se situerait à son plus bas niveau depuis dix ans», souligne l’Idele.

Les revenus sont donc, pour beaucoup, inférieurs à un smic par mois. Même les producteurs de veaux sous la mère ne sont pas épargnés alors que la résilience de ces filières est pourtant reconnue. Le résultat courant en 2016 approche les 15.000 euros par unité de main-d’œuvre. Un résultat qualifié de «faible» par l’Idele. Et 2017 ne s’annonce par forcément meilleure!

Des enjeux géopolitiques majeurs pour 2017

«Les vœux pour 2017 sont évidemment ceux d’un retour à un marché plus équilibré dans le sillage de l’amélioration des marchés des produits laitiers», écrit l’Idele. Seulement, des sorties supplémentaires de vaches allaitantes sont attendues étant donné la dynamique du cheptel français et européen. Et les débats sociétaux autour de la viande en France n’arrangent pas le tableau. «La demande reste incertaine», précise l’Idele. Pour autant, la consommation allemande, très dynamique, redonnerait un peu d’optimisme au marché français. L’Allemagne s’approvisionne effectivement beaucoup sur les terres françaises.

Le Brexit va également jouer sur les équilibres de marché européen avec une réorientation des flux sur le continent et les pays tiers, comme cela se voit déjà avec le marché turc pour les broutards. Pour l’Idele, «les incertitudes pour 2017 sont surtout géopolitiques: Brexit, changement de présidence aux États-Unis et stratégie commerciale (avenir du Tafta), position de l’Union européenne…». Il est possible d’y rajouter encore le CETA. «Le commerce redevient une arme politique, bien loin du “soft power”», conclut l’Idele dans son dossier.

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