Aller au contenu principal

Le dossier est clos : les maires ne peuvent pas prendre d’arrêtés anti-pesticides

Dans une décision rendue le 31 décembre 2020, le Conseil d’État a rejeté le pourvoi de la municipalité de Gennevilliers, dont le maire avait interdit, par un arrêté du 13 juin 2019, l’utilisation de glyphosate pour l’entretien de certains espaces du territoire communal. Une décision qui va faire jurisprudence.

file-La décision du Conseil d’État non susceptible de recours clôt définitivement le dossier.
L'utilisation du glyphosate est prolongé jusqu’au 15 décembre 2023 par la Commission européenne.

L’arrêt rendu le 31 décembre 2020 par le Conseil d’État fera date. Il tranche définitivement la question des arrêtés anti-pesticides pris par certains maires. Pour la haute juridiction, les choses sont claires : la réglementation sur l’usage des produits phytopharmaceutiques relève exclusivement de l’État.

Compétence nationale

«Le législateur a organisé une police spéciale de la mise sur le marché, de la détention et de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, confiée à l’État», écrivent les juges administratifs. Ces dispositions ont pour but, et conformément au droit de l’Union européenne, «d’assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine et animale et de l’environnement tout en améliorant la production agricole et de créer un cadre juridique commun pour parvenir à une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable».

Concrètement, il revient à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) de prendre les autorisations de mise sur le marché des produits, et au ministre de l’Agriculture, ainsi qu’aux ministres chargés de la santé, de l’environnement et de la consommation, de limiter voire d’interdire, le cas échéant, l’utilisation d’un ou plusieurs produits dans certaines zones.

Autorité locale

Sur le plan local, précise l’arrêt, c’est à l’autorité préfectorale, et dans le cadre arrêté au niveau national, de fixer les distances minimales d’utilisation des produits phytopharmaceutiques à proximité de certains lieux accueillant des personnes vulnérables, et d’approuver les chartes d’engagements d’utilisateurs formalisant des mesures de protection des riverains de zones d’utilisation des produits.

Enfin «en cas de risque exceptionnel et justifié», le préfet peut prendre toute mesure d’interdiction ou de restriction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques nécessaire à la préservation de la santé publique et de l’environnement «avec une approbation dans les plus brefs délais du ministre chargé de l’agriculture».

Décision définitive

Si le maire dispose bien d’un pouvoir de police générale «nécessaire au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques», il ne peut «légalement user de cette compétence pour édicter une réglementation portant sur les conditions générales d’utilisation des produits phytopharmaceutiques qu’il appartient aux seules autorités de l’État de prendre», conclut le Conseil d’État.

Cette conclusion est définitive et n’est pas susceptible de recours. Le dossier des arrêtés municipaux anti-pesticides est clos.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Le Sillon

Les plus lus

Vivadour et Terres du Sud donnent naissance à Auraïa

Cette nouvelle structure, née de la fusion des deux groupes coopératifs, veut renforcer ses services et consolider plusieurs…

Broutard : la chute des prix ne passe pas

La spirale baissière des cours des veaux irrite Sébastien Pinque, éleveur bovins et ovins installé à Chéraute. Pour lui, cette…

Hervé Lard avec une Bazadaise et Audrey Ladonne avec une Blonde d'Aquitaine
Aquitanima 2026 : la passion bovine traverse les âges

Du 22 au 28 mai, le Salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine investit le parc des expositions de Bordeaux. Portrait croisé…

Influenza aviaire : «Rester vigilant, face à un virus devenu endémique»

Le professeur Jean-Luc Guérin dresse les enseignements de la saison 2025-2026 sur le plan sanitaire.

L’équipe organisatrice et les partenaires devant le véhicule représentant le Train d'Artouste
Caravane béarnaise : un budget réduit avec la même ambition

l’ADT 64 a présenté la nouvelle formule de son opération Le Béarn fait son Tour de France. 

Dans le massif de Gascogne, les prix des bois sur pied se tassent

La conjoncture économique peu favorable sur les produits transformés, les impacts du conflit au Moyen-Orient et les effets des…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 98€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site du Sillon
Consultez le journal Le Sillon au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal du Sillon