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Les belles génisses d'Hélette

Pleine réussite à  la foire de printemps de Hélette, avec un magnifique concours de Blondes d'Aquitaine dont les juges furent Jean Blanc, du Tarn, et Gorka Elorza, d'Euskadi.

L'association locale “Kabalak“ (traduisez le cheptel) a réussi un coup de maître pour son premier concours championnat Pays basque de génisses Blondes d'Aquitaine. Plus de cent têtes ont été classées par deux juges de renom, Gorka Elorza d'Euskadi et Jean Blanc, du Tarn, grand prêtre de la race et pionnier de l'UPRA devenue organisme de sélection. Les grands anciens du village n'ont pas été oubliés puisqu'un prix « meilleur bassin » a été créé en mémoire de Sauveur Etcheverry récemment disparu.
L'appel aux éleveurs a été entendu et ces derniers y ont répondu avec un bel enthousiasme. Dix sections d'animaux de concours, sans compter un groupe de jeunes màles à  vendre et la présentation des vedettes de retour de Paris, voilà  un témoignage du dynamisme de l'élevage du bovin allaitant dans nos campagnes. « Blondomaniaques »
On a beau déplorer les marasmes de la conjoncture, l'envolée des aliments et la chute des cours, il en faut plus pour rebuter ceux qui ont la passion de la Blonde chevillée au corps, les accros à  la génétique et à  l'amélioration de la race. Les deux juges ont donc eu fort à  faire pour départager les concurrentes.
Chaque lot, trié par classe d'àge très homogène, était présenté sur le ring dans son ensemble. Puis, les bêtes, menées au licol, formaient le cercle, non sans mal car elles étaient effrayées par le monde qui se pressait autour des barrières, et les juges les éliminaient successivement jusqu'à  n'en garder que trois, les plus belles, et attribuer alors les trois premières places. Il ne restait plus au jury qu'à  justifier le classement établi en indiquant les critères retenus. Il n'y a pas eu l'ombre d'une contestation. Ainsi ont défilé tous les animaux devant la foule des spectateurs, eux-mêmes éleveurs pour la plupart.
Jean Blanc, très connu dans le landerneau professionnel, déclarait au micro : « Pour rendre hommage à  cette première et attester de mon affection pour ce terroir, j'ai rompu aujourd'hui avec le serment que je m'étais fait en 1990. Celui de ne plus juger en concours, à  la suite de ma nomination à  l'UPRA (association des éleveurs pour la promotion de la race). Ce sera ma première et unique participation ». Plus tard, il confiait : « Ingénieur de formation, rien ne me prédestinait à  l'élevage. Jusqu'à  ce que, à  33 ans, je tombe amoureux de cette magnifique race, créée de toutes pièces à  partir de trois rameaux autochtones, la Garonnaise, la Blonde des Pyrénées et du Quercy ». Une race dont les éleveurs d'embouche du Val de Loire « appréciaient les extraordinaires qualités bouchères de sa viande persillée ». Aujourd'hui, sur 600.000 mères, la moitié se trouve hors du berceau de race qui a « émigré sur tout le territoire, puis en Europe, d'abord en Irlande et en Angleterre, puis vers l'est, et ensuite, en Amérique du sud. Au Brésil, elle donne des résultats incroyables par croisement avec le zébu, les hybrides étant de surcroît fertiles, contrairement à  celui de l'àne et de la jument ». Ajoutons que Jean a transmis sa « Blondomania » à  son fils Damien, éleveur dans le Tarn et Garonne, nommé juge national dès ses 22 ans. Le titre de championne de la journée a été attribué à  une génisse de 18 mois, Eponine, appartenant à  M. Cornu d'Iholdy. Le trophée Sauveur Etcheverry a été gagné par Fanfare, une génisse de 10 mois, de l'étable de Jean-Philippe Etcheverry. Enfin, la génisse de Chilindron-Auzqui, dénommée Eclipse, mise à  prix 1900 euros, a été enlevée à  3050 euros par M. Matthieu de Garris.
Michel Bengoechea
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