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Mais : faut-il déjà  arroser ou attendre ?

La sécheresse est déjà  là  bien avant la période estivale. Il convient donc de surveiller attentivement les signes de stress hydrique des mais avant de se lancer dans un premier tour d'eau. Les conseils d'Arvalis-Institut du végétal.

La sécheresse qui s'installe sur la majeure partie du territoire, associée à  une ressource en eau faible, peut poser de nombreux problèmes d'arbitrages collectifs (quotas, volumes affectés) et individuels au niveau de l'exploitation (date de démarrage de l'irrigation, choix des cultures à  irriguer). Une grosse majorité des mais sont au stade 6 feuilles et sont marqués par cette sécheresse. 1 Quand démarrer l'irrigation des mais ? La phase d'accroissement des besoins démarre dès le stade 10 feuilles visibles pour les variétés tardives à  très tardives. À ce stade, les composantes du rendement se mettent en place et la surface foliaire augmente rapidement. Les besoins restent très élevés jusqu'au stade limite d'avortement des grains (21 jours après la floraison), et élevés jusqu'au stade 45 % humidité du grain. Avant le stade 9-10 feuilles, les stress hydriques sont, en général, réversibles et n'atteignent que peu le rendement, pourvu que la densité soit préservée. 2 Faut-il démarrer l'irrigation avant 10 feuilles ? La phase d'installation des mais, et notamment le sevrage, est essentielle pour obtenir un peuplement satisfaisant et une homogénéité de la culture favorisant l'expression du potentiel maximum. Stades compris entre la levée et 10 feuilles :
À la levée : le semis doit toujours être réalisé « dans le frais » afin d'obtenir une levée homogène et rapide. L'irrigation, pour assurer la levée, ne doit pas être une stratégie normale. Le risque est de devoir poursuivre l'irrigation pendant toute la phase d'installation. Au sevrage 4 à  6 feuilles : il faut à  ce stade sensible préserver le peuplement. L'irrigation ne doit être envisagée que si le peuplement est susceptible d'être affecté ou une hétérogénéisation des stades s'installe. Les conséquences d'une irrigation précoce Les irrigations très précoces sont destinées à  préserver le peuplement. Ces irrigations précoces ont pour conséquence d'augmenter considérablement  l'indice foliaire. Cette stratégie présente le risque d'augmenter l'évapotranspiration des mais pendant tout le cycle. Dans un contexte de restriction de volumes possible, les irrigations trop précoces peuvent aboutir à  une impasse en ne permettant pas de satisfaire les besoins lors de la floraison ou du remplissage. En effet, une évapotranspiration plus élevée implique des tours d'irrigation plus rapprochés et des volumes d'eau supérieurs. De plus, un arrêt brutal de l'irrigation sur la fin de cycle avec des mais à  fort développement végétatif peut provoquer des pertes de rendements assez conséquentes. Gilles Espagnol,
ingénieur régional Arvalis Institut du Végétal Les atouts de l'esquive Dans les cas de restriction sévère des volumes, la phase essentielle de satisfaction des besoins va du stade 10 feuilles à  21 jours après la floraison. Les semis précoces permettent de sortir plus tôt du stade limite d'avortement des grains.
Cette esquive est primordiale dans un contexte d'arrêt précoce de l'irrigation à  cause d'arrêtés préfectoraux ou de ressource en eau insuffisante. Il est donc important de diagnostiquer l'état hydrique du sol pour déclencher les irrigations à  la parcelle (sondes capacitives, tensiométriques) ou à  défaut une observation visuelle du profil.
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