Quel est le ciment de base nécessaire au succès d'une association quelle qu'elle soit? Surtout si elle regroupe des adhérents aux intérêts parfois divergents? Fabienne Millet, qui connaît ses dossiers sur le bout des doigts, a la réponse: «La bonne volonté». Voilà pourquoi, Patrick Etchegaray, dont personne ne contestera le courage ni la bonne volonté, s'est montré assez amer dans son discours de conclusion.
Il a renvoyé dos-à -dos certains industriels et un syndicat d'éleveurs qui entretiennent, à ses yeux, un climat délétère, alors que tout problème est censé avoir une solution. Convaincu de la nécessité d'oeuvrer tous dans le même sens, il a refusé le choix d'un site sécurisé pour cette assemblée, pensant que la confiance réciproque était une attitude incontournable. D'où ses mots un peu tristes: «La récréation est finie, tàchons de travailler ensemble», sous-entendu de se comporter en adultes.
Qu'attend l'interprofession à l'orée 2012? Sa reconnaissance européenne liée à une obligation de résultat. L'interprofession est là pour définir les orientations et accompagner les éleveurs dans leur dur métier, pas pour régler les problèmes de contractualisations entre producteurs et transformateurs industriels.
Le refus de ces derniers d'absorber l'intégralité de la production de la CLPB tout en recourant à des achats à l'extérieur ou à l'importation pour couvrir leurs besoins attise la rancune. Les achats extérieurs ont pourtant baissé de 34% de 2010 à 2011. L'idéal serait de parvenir à une adéquation parfaite entre offre de lait local et transformation. Plus facile à dire qu'à faire.
Un nouveau cadre: le paquet lait
D'autre part, depuis la fin 2011, l'interprofession, quel que soit le lait (ovin, bovin, caprin) connaît un nouveau cadre réglementaire: le paquet lait imaginé pour répondre à la double menace de la volatilité des prix et de la fin des quotas, prévue en 2015. Il comporte cinq volets: organisations des producteurs, contractualisation, interprofessions, transparence des volumes collectés et gestion des volumes pour les fromages bénéficiant d'une AOP.
Cette reconnaissance européenne est obtenue après une démarche de vérification effectuée par le ministère. L'interprofession peut mener certains accords, décisions et pratiques concertées sous réserve de compatibilité avec les règles de l'Union européenne. Laquelle interdit formellement le cloisonnement des marchés, les barrières à l'entrée, l'élimination de la concurrence et autorise l'importation. Autant d'obligations dont l'interprofession devra tenir compte pour mériter la reconnaissance européenne.
Michel Bengoechea
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