Pour Philippe Pinta, président d'Orama, qui s'exprimait devant la presse le 6 février, «libre d'entreprendre» signifie «la possibilité de produire plus, de produire mieux». «Ce que nous défendons», a-t-il poursuivi, «c'est le modèle de l'intensification soutenable. Un modèle respectueux de l'environnement et qui permet aux producteurs français de grandes cultures d'affronter leurs concurrents européens aux structures d'exploitation bien plus importantes que les leurs. Bref, un modèle de production responsable et profitable à tous». Les dirigeants attendent des éclaircissements de Stéphane Le Foll, qui interviendra en clôture de l'événement, sur plusieurs points.
Le ministre attendu de pied ferme
Le ministre de l'Agriculture sera d'abord interpellé sur la subsidiarité dans l'utilisation des paiements PAC: «Nous voulons qu'elle n'aille pas plus loin en 2017», a rappelé Philippe Pinta: «en 2016, la France va prélever 29% des crédits de son enveloppe des paiements de base et paiements verts, destinée à des versements sur tous les hectares (ha), pour les affecter à d'autres types de paiements, concernant très peu les exploitations de grandes cultures. En Allemagne, ce sera seulement 12% et en Angleterre 13%». Orama a calculé que les paiements de base et paiements verts représenteront en 2019, 256€/ha uniformément en Allemagne et seulement 171€/ha en moyenne dans l'Hexagone.
Deuxième revendication portée auprès du gouvernement: voir aboutir une décision «réaliste» de mise en oeuvre de la mesure agro-environnementale (MAE) Zones intermédiaires grandes cultures dont Stéphane Le Foll avait accepté le principe lors de la précédente édition du Sommet du Végétal. «Dans l'état actuel, la mesure est inapplicable», a expliqué Gérard Tubéry, président de la FOP. «Les bases IFT (indicateur de fréquence de traitements) sont erronées. Il faut partir des données du terrain fournies par les Chambres d'agriculture et les centres de gestion», a-t-il ajouté.
Le mulching au coeur des débats
Orama attend également le feu vert du ministère de l'Agriculture, mais surtout de la Commission européenne de Bruxelles, pour que le mulching soit assimilé à une rotation dans les régions où la monoculture du mais est une pratique courante comme c'est le cas dans les Landes. Dans cette hypothèse, la pratique ne serait pas une mesure environnementale isolée, elle serait intégrée dans un processus de certification environnementale des exploitations agricoles.
Enfin, les producteurs de céréales et d'oléoprotéagineux espèrent des améliorations du dispositif de Déduction pour aléas (DPA) voté par le Parlement fin 2014 et souhaitent préserver l'intérêt de l'assurance climatique en grandes cultures «dans le cadre des évolutions qui sont actuellement envisagées». Pour Orama, il serait temps pour les pouvoirs publics de prendre en considération les propositions «constructives, efficaces et pragmatiques des hommes de terrain responsables que sont les producteurs de grandes cultures». Faisant référence à la nouvelle version du plan Ecophyto face à laquelle ils sont très réservés, Philippe Pinta et Gérard Tubéry sont restés sur la même longueur d'onde: «l'important ce n'est pas la diminution de l'utilisation mais la diminution de l'impact».
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