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L’éducation socioculturelle, une spécificité de l’enseignement agricole qui fait des envieux

Spécifique à l’enseignement agricole, l’éducation socioculturelle a fêté ses cinquante ans au cours d’un séminaire organisé par le ministère de l’Agriculture. Cet exemple réussi de pluridisciplinarité a interpellé la ministre de l’Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, qui aimerait connaître le même succès avec la réforme du collège en cours.

file-L’éducation socioculturelle, spécificité de l’enseignement agricole public, a pour objectif d’ouvrir les jeunes ruraux au monde et à la culture.
L’éducation socioculturelle, spécificité de l’enseignement agricole public, a pour objectif d’ouvrir les jeunes ruraux au monde et à la culture.

«Vous connaissez le plagiat par anticipation? C’est le fait de croire que l’on invente quelque chose et de découvrir que quelqu’un d’autre l’a déjà fait avant. Eh bien c’est le sentiment que j’ai avec la réforme du collège et ce qui existait déjà avec l’éducation socioculturelle dans l’enseignement agricole», a reconnu avec humour la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, aux 50 ans de l’éducation socioculturelle (ESC) organisés par le ministère de l’Agriculture les 17 et 18 mars.

Ouverture sur le monde

Spécificité de l’enseignement agricole public, l’éducation socioculturelle avait pour objectif premier d’ouvrir les jeunes ruraux au monde et à la culture. Elle est aujourd’hui un exemple réussi de pluridisciplinarité, avec des projets qui peuvent porter sur la photographie, le théâtre, l’art contemporain, tout en étant un moment d’échange pour comprendre le monde actuel.

Ainsi, «lors des attentats, on a puisé sur les réseaux sociaux, là où les élèves allaient trouver l’information, pour organiser un débat le lendemain», explique Sophie, professeur d’ESC. En partant de leur vision du monde, en les croisant avec les valeurs et le culturel, l’ESC permet aux jeunes de mieux comprendre la société dans laquelle ils vont devoir s’insérer. Un objectif que peine à réaliser l’Éducation nationale depuis quelques années.

Le rôle de la culture

Si le sujet est d’actualité, «c’est parce que nous sommes confrontés à deux crises croisées: celle de la culture et celle de l’éducation», explique Jean-Gabriel Carasso, directeur de l’Oizeau rare, association de recherche et d’action culturelles. Celle de la culture, car elle n’est accessible qu’à 20% de la population malgré le travail de démocratisation initié par André Malraux. Celle de l’éducation, car elle ne parvient plus à répondre à la difficulté de l’échec scolaire et à la nécessité d’adaptation à un monde qui bouge sans cesse et de plus en plus vite.

Premier atout: à la différence de l’enseignement, dont l’objectif premier est la transmission du savoir, l’éducation met la personne au centre de son objet et l’aide à se construire. Autre avantage, l’éducation par l’art doit permettre à l’élève «un accès à soi-même et au langage symbolique», poursuit Jean-Gabriel Carasso.

Et si elle est peu valorisée dans l’éducation nationale, c’est au contraire un des facteurs de réussite de l’ESC, car tout en insérant, à travers la culture, la notion de plaisir dans l’enseignement, elle permet aussi par les projets collectifs «d’éviter d’être seul et confronté à son échec», insiste de son côté le ministre de l’Agriculture, qui y voit «une bonne méthode pour éviter le décrochage».

Créateur de lien social

«Dans la pédagogie de projet, quand un élève est en difficulté, les autres peuvent venir l’aider», témoigne une professeure d’ESC, soulignant aussi «la dimension citoyenne: le travail de groupe, chez le jeune ado, est loin d’être une évidence». Stéphane Le Foll a d’ailleurs prévu d’emmener plusieurs ministres sur le terrain pour leur montrer les aspects positifs de l’ESC.

Au-delà de la pédagogie, l’enseignement agricole a également d’autres atouts à faire valoir en matière d’art et de culture, considère également le ministre qui met en avant «une variété, une diversité de paysages qui sont des lieux de création intéressants» et qui devront participer à la végétalisation des villes, pour «reconquérir le beau entre l’urbain et l’agriculture».

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