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Les Gîtes de France ont mis 600 hébergements à disposition des soignants

Les adhérents des Gîtes de France se montrent bien plus solidaires que certains voisins demandant aux soignants de déménager pour ne pas risquer de les infecter pendant le confinement… Certains d’entre eux ont décidé de mettre gratuitement leurs hébergements à disposition des personnels médicaux, pour leur permettre de loger au plus près de leur lieu de travail, sans risquer de contaminer leurs familles.

file-Benoît Apezteguia et son épouse Françoise, de Gelos, ont mis leur gîte à la disposition de Mylène Saraiva, infirmière de nuit au centre hospitalier de Pau distant d’une dizaine de minutes en voiture.
Benoît Apezteguia et son épouse Françoise, de Gelos, ont mis leur gîte à la disposition de Mylène Saraiva, infirmière de nuit au centre hospitalier de Pau distant d’une dizaine de minutes en voiture.

«Au niveau national, ce sont 600 hébergements qui ont été proposés, note Hélène Contou-Carrère, directrice des Gîtes de France 64. Et dans le département, nous en comptons 21». Tous sont situés à proximité d’un hôpital ou d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). «Nous avons envoyé un simple mail à nos adhérents et ils se sont portés volontaires immédiatement.»

À Pau, Pontacq, Ciboure, Bayonne, Sarre… Des hébergements sont ainsi disponibles. La liste a été communiquée à la préfecture et à l’Agence régionale de santé qui relaient l’information auprès des soignants intéressés. Actuellement, deux logements sont occupés.

600 hébergements proposés

Mylène Saraiva, 29 ans, occupe l’un d’eux, à Gelos. «Je suis infirmière dans l’équipe de nuit à l’hôpital de Pau. Depuis quelques mois, je loge chez mes parents à Orthez. Pour les protéger, j’ai demandé à ma direction s’il était possible de me trouver un logement temporaire». Le 3 avril, elle a ainsi emménagé dans un appartement mis à disposition par la plateforme AirBnB. «Le logement était très bien mais situé dans un immeuble très bruyant. Comme je travaille de nuit, je n’arrivais pas à récupérer.»

Dès le 6 avril, elle en a informé sa direction qui l’a réorientée vers un hébergement des Gîtes de France où elle a posé ses valises deux jours plus tard. «Ici, c’est parfait. Je suis à seulement à 10 minutes de l’hôpital et c’est très calme. Je peux parfaitement me reposer entre deux prises de poste. Et les propriétaires se sont occupés de tout.»

Pour Françoise et Benoît Apezteguia qui l’accueillent, mettre leur appartement à disposition d’un membre du personnel médical sonnait comme une évidence. «On a voulu le faire dès qu’on a vu qu’il y avait des soucis pour certains soignants, indiquent-ils. Nous avons un appartement indépendant. Toutes les réservations ont été annulées du fait du confinement. Alors autant qu’il serve à quelqu’un qui en a vraiment besoin. À notre niveau, c’est une des seules actions que nous pouvons faire pour exprimer notre solidarité dans cette crise».

Douceurs chocolatées

Pour respecter les gestes barrières, l’état des lieux s’est fait à distance raisonnable, et les contacts entre le couple et l’infirmière sont très réduits. «Nous l’avons seulement appelée le deuxième soir, pour nous assurer qu’elle était bien installée.» La mise à disposition a été conclue pour quinze jours, «mais si elle veut rester plus longtemps, on prolongera.»

Mylène Saraiva estime que la situation n’est pas encore près d’évoluer et pourrait donc être amenée à poursuivre son séjour… D’autant qu’elle a été particulièrement touchée par le geste de ses hôtes durant le week-end pascal. «D’ordinaire, je passe toujours Pâques en famille. Cette année évidemment, j’étais seule mais Françoise et Benoît m’ont laissé une part de gâteau et des chocolats devant ma porte avec un petit mot pour me souhaiter Joyeuses Pâques. On parle souvent de ce qui ne va pas mais il existe heureusement des personnes respectables.»

Cécile Agusti

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