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Les producteurs landais d’asperges ne sont pas à la fête

Coronavirus oblige, la traditionnelle fête de l’asperge du 1er mai à Pontonx-sur-l’Adour est bien évidemment annulée. Dans les plantations, la récolte ne s’arrête pas pour autant. Producteurs et salariés mettent les bouchées doubles pour sauver une campagne qui aura été fortement perturbée par la crise sanitaire.

file-La campagne d’asperges blanches des sables aura été fortement perturbée par la crise sanitaire et les mesures de confinement.
La campagne d’asperges blanches des sables aura été fortement perturbée par la crise sanitaire et les mesures de confinement.

Chute des ventes, casse-tête pour le recrutement de saisonniers, respect des mesures de distanciation sociale et d’accueil de la clientèle à la ferme… Chacun a dû faire face à des situations inédites et s’adapter en conséquence. Mais, malgré ces efforts, il semble illusoire à nombre de producteurs de pouvoir espérer un résultat comparable à la normale.

Ainsi, à Tosse (Landes), Nathalie Bardin constate un important retard de vente qu’il sera difficile de rattraper d’ici la fin de la campagne. «J’en suis à moins de la moitié du volume habituel alors que nous cesserons de récolter à la mi-mai», assure-t-elle.

Installée à quelques encablures des plages landaises, l’agricultrice est à la tête de la SCEA Le Becade. Avec son fils Florian, salarié à plein temps en prévision de sa future installation, l’agricultrice exploite une cinquantaine d’hectares, dont 20 hectares d’asperges, 25 hectares de maïs semence et 3 hectares de tournesol.

Seize Équatoriens

Asperges, maïs semences… Ces productions nécessitent de recourir à de la main-d’œuvre saisonnière. Pour le maïs semence, «ce sont essentiellement des jeunes du village et des environs», précise Nathalie. En revanche, pour les asperges, «nous faisons appel à de la main-d’œuvre étrangère» : en l’occurrence une équipe de seize salariés de nationalité équatorienne. «Ce sont des habitués : certains viennent chez nous depuis 8 ou 9 ans», témoigne l’agricultrice landaise.

Ici, la récolte d’asperges a débuté le 12 février dernier. Contrairement à de nombreux employeurs de main-d’œuvre agricole, «nous n’avons pas eu de problème de recrutement car nos salariés étaient arrivés un mois avant la décision de confinement prise par le gouvernement.» L’agricultrice, même si elle n’a pas eu besoin d’y recourir, salue tout de même les initiatives qui ont permis de mettre en relation offreurs et demandeurs d’emploi.

Les employés de la SCEA étant hébergés dans deux appartements et des mobile-homes attenants à l’exploitation, «nous les avons sensibilisés aux mesures réglementaires de confinement», ajoute la chef d’exploitation. Des fiches ont été éditées à leur intention tant pour les dérogations de déplacement que pour le respect des mesures de distanciation sociale. Les équipements nécessaires — masques, visières, gants et gel hydroalcoolique — ont également été mis à leur disposition.

Clientèle en berne

L’autre principale conséquence du confinement est bien sûr l’arrêt momentané des débouchés. Adhérente au groupe Maïsadour — dont elle est membre de la commission asperges —, Nathalie Bardin livre 85% de sa récolte à la coopérative. Elle commercialise les 15% restants en vente directe. Mais les deux réseaux de distribution ayant été fortement mis à mal par la crise sanitaire, les incidences ont été immédiates pour les producteurs. Ainsi, la coopérative a été contrainte d’instaurer des quotas de production, limitant la production journalière à 40 kg/ha.

Quant à la vente directe, elle a été quasiment stoppée, faute de clientèle dans la restauration, les marchés de proximité et les supermarchés. «Les ventes ont heureusement repris lorsque le gouvernement a accordé aux consommateurs l’autorisation de s’approvisionner en produits de première nécessité», explique l’agricultrice. Par ailleurs, «nous avons eu recours aux réseaux sociaux pour élargir notre clientèle.» Cette initiative a été couronnée de succès : «Par ce biais-là, nous avons notamment pu écouler les pointes, les courtes et les déclassées…»

Reste désormais à espérer que la demande restera soutenue durant les deux dernières semaines de collecte afin de rattraper, tant que faire se peut, l’important manque à gagner du mois de mars.

Guy Mimbielle

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