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La population grandissante de vautours dans les Pyrénées alarme les éleveurs

Depuis 2012, le nombre de vautours a doublé dans les Pyrénées. Dans le département des Pyrénées-Atlantiques où se concentre 85% de la population du carnassier, la profession demande instamment aux éleveurs de déclarer tous les dégâts qu’ils subissent et réclame l’arrêt des placettes de nourrissage et une régulation de la population.

file-1.254 couples reproducteurs ont été recensés dans les Pyrénées françaises, dont 1.055 couples dans les Pyrénées-Atlantiques. La population côté espagnol est estimée à 30.946 couples.
1.254 couples reproducteurs ont été recensés dans les Pyrénées françaises, dont 1.055 couples dans les Pyrénées-Atlantiques. La population côté espagnol est estimée à 30.946 couples.

C’est un bilan qui ne va calmer la crainte des éleveurs… Missionnée par la Dreal, qui assure le pilotage national du plan national d’actions vautour fauve et activités d’élevage 2017-2026, l’office français de la biodiversité (OFB) vient de publier une étude suite à sa campagne de recensement menée sur la population de vautour fauve dans les Pyrénées françaises en 2019.

Ce travail de grande ampleur, suivant un protocole actualisé, a permis de dénombrer un total de 1.254 couples reproducteurs (dont 1.055 couples dans les Pyrénées-Atlantiques, 101 dans les Hautes-Pyrénées, 13 en Haute-Garonne, 84 dans l’Aude et 1 dans les Pyrénées-Orientales) et d’estimer la population pyrénéenne française à 1.286 couples reproducteurs. Cet effectif représente une augmentation de 51% depuis 2012, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 7,2%.

Colonisation espagnole

Les vautours se reproduisant sur le versant français des Pyrénées ne constituent cependant que le prolongement d’une population espagnole beaucoup plus importante, estimée en 2019 à 30.946 couples (dont 6.015 dans les provinces pyrénéennes, du Pays basque à la Catalogne).

Un réseau de sept colonies échantillons représentatifs de la population pyrénéenne française a, d’autre part, été mis en place, sur lequel un suivi de la reproduction sera réalisé chaque année. En 2019, selon les sites, entre 37 et 81% des couples ayant déposé une ponte ont réussi à élever un jeune.

Plusieurs années de suivi seront nécessaires avant de pouvoir corréler ces différences de succès reproducteur avec des facteurs tels que la météorologie ou la disponibilité alimentaire. Pour l’OFB, «ces résultats donnent une vision actualisée de la situation du vautour fauve dans le massif. Ils permettront de mieux orienter les actions en lien avec cette espèce.»

«Des chiffres minimisés»

Les éleveurs n’ont pas la même lecture que l’OFB. «Ces chiffres sont volontairement minimisés par les services de l’État, lâche Jean-François Lacazette, responsable de la commission montagne de la FDSEA 64. Ils ne prennent en compte que les couples reproducteurs, soit des vautours entre 5 et 15 ans. Tous ceux qui sont plus jeunes sont exclus du bilan».

Le responsable syndical ne cache pas son inquiétude face à une telle augmentation de la population de vautour. «Les attaques vont encore se multiplier. Cela fait des années que nous tirons la sonnette d’alarme. Il faut que ça cesse. Si on ne fait rien rapidement, la situation va devenir très compliquée.»

L’exaspération des éleveurs

Jean-François Lacazette n’en démord pas. Il demande à l’État «prendre ses responsabilités» et rappelle les revendications de la FDSEA : arrêt de la création de placette de nourrissage, tirs de prélèvement pour réguler la population, tir létal de défense pour les éleveurs en cas d’attaque. «Il faut aussi que les éleveurs soient enfin indemnisés sur les pertes directes. Le préjudice financier est énorme, surtout si on y ajoute les pertes indirectes, car beaucoup de parcelles ou d’estives isolées ne sont plus utilisées par les éleveurs».

Enfin, le responsable de la commission montagne invite tous les éleveurs victimes d’attaques à remplir le document édité par la FDSEA. «Ils trouveront aussi sur ce document tous les référents, canton par canton. Il ne faut qu’ils hésitent à les appeler en cas d’attaque, y compris pour être soutenu dans le cadre des constatations de dégâts.»

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