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Bataille européenne autour du foie gras

Selon le secrétaire générale de la fédération nationale du foie gras, Christophe Barrailh, GP et négociations au niveau européen permettraient de limiter les distorsions de concurrence entre les pays.

file-© Chambre d'agriculture des Landes
Les producteurs français de foie gras souhaitent des règles communes de production afin d'éviter les actuelles distorsions de concurrence. © Le Sillon/F. B.
© Chambre d'agriculture des Landes
Les producteurs français de foie gras souhaitent des règles communes de production afin d'éviter les actuelles distorsions de concurrence. © Le Sillon/F. B.
Dans le cadre d'une action menée samedi 30 octobre durant la foire au gras au centre Leclerc de Mont-de-Marsan, les producteurs landais FDSEA et JA de foie gras ont découvert des produits bulgares à  l'origine peu visible. L'occasion pour Christophe Barrailh, le président landais de la section foie gras de la FDSEA et aussi secrétaire général de la fédération nationale foie gras de revenir sur l'épineux dossier des distorsions de concurrence entre pays européens dans la production de foie gras.
Vos actions syndicales ne sont-elles pas un coup d'épée dans l'eau au vu des produits que les GMS continuent à  mettre dans leurs rayons ?
Christophe Barrailh » Je crois beaucoup en l'action syndicale, surtout à  l'encontre des GMS. L'information circule et fait boule-de-neige. La revendication syndicale légitime la parole et l'action des responsables professionnels de la filière, en particulier dans les négociations interprofessionnelles européennes. La preuve est que lors de la dernière rencontre à  Euro Foie gras, le patron d'une entreprise bulgare de production de foie gras avait dans ses documents un article sur notre action dans les grandes surfaces de Dax. Il était étonné de voir à  la table des négociations un représentant syndical à  l'origine de cette opération.
Vous parlez de Euro Foie gras. Quelle est cette entité ?
C.B  » C'est la fédération européenne des pays producteurs de foie gras (France, Bulgarie, Espagne, Hongrie et Belgique) créée l'an dernier à  l'initiative du CIFOG, interprofession française du foie gras. C'est déjà  une première victoire de réunir autour d'une même table des pays producteurs concurrents. Son premier chantier est la défense du foie gras fortement attaqué par les « anti-gavage », en particulier en portant la parole des producteurs au niveau du parlement européen. Maintenant, le chantier est de bàtir des règles communes de production pour éviter les distorsions de concurrence. Il faut là  un consensus entre tous les pays. L'interprofession française seule ne peut s'occuper que de la réglementation française. Le chemin sera long !
La voie réglementaire européenne est-elle la seule solution à  ces phénomènes de distorsions de concurrence ?
C.B  » Non, l'IGP (indication géographique protégée) dont jouit la majorité du foie gras produit dans la région est aussi un moyen de défendre notre mode de production traditionnel. En effet, L'IGP répond à  un cahier des charges précis et met en valeur notre savoir-faire. Il nous protège de la délocalisation, puisqu'il est attaché à  un territoire. La France, premier pays producteur de foie gras (environ 80 % de la production mondiale) et premier consommateur (70 à  80 % de la consommation mondiale), a une « culture foie gras » que n'ont pas les autres pays, la Bulgarie en particulier. Celle ci produit exclusivement pour exporter, chez nous entre autres, en bénéficiant d'avantages concurrentiels (main-d'oeuvre, peu de normes environnementales, gavage essentiellement des canettes). 
Ces avantages lui permettent une réduction des prix de revient. Ensuite, pour vendre, les producteurs bulgares utilisent l'image attachée au foie gras produit dans le Sud-Ouest Et la grande distribution profite de cette confusion. Nous devons donc plus que jamais compter sur l'IGP qui garantit au consommateur un mode de production traditionnel et une qualité.
Propos recueillis par Dominique Maurel
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