Comment pratiquer l’inclusion et soulager les producteurs
En plus de l’entretien des vergers de kiwi par des travailleurs reconnus RQTH, l’association Agri-Renfort propose aux producteurs d’améliorer la pollinisation par les abeilles et un service d’éco-pâturage avec une race de brebis locale.
En plus de l’entretien des vergers de kiwi par des travailleurs reconnus RQTH, l’association Agri-Renfort propose aux producteurs d’améliorer la pollinisation par les abeilles et un service d’éco-pâturage avec une race de brebis locale.

Dans une ambiance champêtre, au bord d’un lac et sous un soleil éclatant, l’association Agri-Renfort fêtait ses 10 ans, le 13 juin dernier. Olivier Barbès, producteur de kiwis à Belus (40), recevait cet événement. En plus d’un cadre idyllique, le lieu se prêtait à la présentation des activités de l’association puisqu’il utilise l’ensemble de leurs services sur cette exploitation de 2 ha de kiwis et 3 ha de prairies. Kiwiculture, entretien par écopâturage et pollinisation par les abeilles sont les trois activités proposées, pour l’instant, par Agri-Renfort.
Une centaine de participants avait répondu à l’invitation. Ceux qui ont pu rester l’après-midi se sont élancés, après le repas, à travers les terres d’Olivier Barbes, pour visiter les vergers de kiwis et admirer les brebis en pacage au bord du lac. Une dizaine d’entre eux s’est même équipée de combinaisons intégrales blanches pour s’approcher et observer des ruches.
Service clé en main
Samuel Guillen travaille depuis 2 ans chez Agri-Renfort. Après avoir débuté comme chef d’équipe, il est désormais directeur depuis février. «En arrivant avec un service clé en main sur les exploitations, en autonomie, on réduit les contraintes pour les exploitants. Cette prestation de service est vraiment la force d’Agri-Renfort aujourd’hui», se félicite le dirigeant. Olivier Barbès abonde : «C’est confortable, je n’ai pas besoin de faire de déclaration salariale et on peut compter sur eux.» Il avait connu quelques déboires auparavant avec des saisonniers qui lui avaient fait faux bon.
L’association a été créée à l’initiative de la MSA Sud Aquitaine en répondant à un appel à projet, avec l’objectif d’entrer dans le champ de l’économie sociale et solidaire, en faisant de l’inclusion par l’emploi de personnes en situation de handicap. Le secteur géographique de l’activité se situe autour de Peyrehorade, à 40 km à la ronde, ce qui leur permet d’intervenir à la fois dans les Landes, sur la côte basque et le Béarn. Sept salariés sur onze sont sous statut RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé). Parmi eux, Gregory Scotet se réjouit : «On ne subit pas de sentiment d’infériorité, tout le monde s’entend bien.»
Inclusion et diversification
Si la kiwiculture a été la première activité proposée par Agri-Renfort, l’association a souhaité se diversifier pour ne pas subir la saisonnalité. Être une entreprise inclusive impliquait pour la structure de pérenniser l’emploi des salariés et pouvoir leur proposer des CDI. «70 % de notre chiffre d’affaires est réalisé par la kiwiculture, le reste par des entreprises et collectivités via l’écopâturage et l’apiculture, précise le directeur. Le but de la diversification c’est de pouvoir occuper les équipes et dégager des produits suffisants pour compenser les périodes creuse».
L’association a donc fait l’acquisition d’une soixantaine de brebis de race Landaise et de chèvres des Pyrénées qui, non contentes de nettoyer les parcelles, déposent leurs crottes qui vont enrichir le sol. Une dizaine de clients, dont plusieurs collectivités locales, font appel à ce service. Les animaux sont choisis pour leurs spécificités adaptées à l’éco-pâturage mais aussi pour faire perdurer les races traditionnelles qui ont tendance à disparaître par manque de rendement laitier ou de viande. L’association souhaite, par la sélection opérée, obtenir l’inscription au livre généalogique.
Pollinisation par les abeilles
Dernièrement, Agri-Renfort a fait l’acquisition de l’association Abeilles et Cie. La structure propose l’installation et le parrainage de ruches qui permettent de favoriser la pollinisation, et de récolter du miel pour récompenser les partenaires. Olivier Barbès faisait déjà appel à cette association avant qu’elle ne rejoigne Agri-Renfort. «La pollinisation par les abeilles augmente fortement le rendement», assure le producteur.
Pour Valérie Ducamp, responsable communication chez Abeilles et Cie depuis 2018, associer les activités permet de créer «un cercle vertueux de services qu’on peut proposer aux entreprises autour de la RSE (N.D.L.R. : responsabilité sociétale des entreprises) complété d’un volet inclusion qui entre en résonance avec l’activité de la MSA. Le parrainage des ruches est une action écoresponsable qui permet de fédérer en interne».
Fabrice Héricher