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La France a perdu 250.000 vaches allaitantes en moins en quatre ans

La décapitalisation du cheptel allaitant français s’accélère avec 250.000 têtes de moins depuis 2016, soit une baisse de 6,2% du cheptel en quatre ans selon les chiffres de l’Institut de l’élevage. Or il avait augmenté de 114.000 entre 2013 et 2016.

file-La décapitalisation du cheptel français se poursuit. Entre 2016 et 2019, l’effectif de vaches allaitantes a baissé de 252.000 têtes, soit un recul de 6,2% en quatre ans.
La décapitalisation du cheptel français se poursuit. Entre 2016 et 2019, l’effectif de vaches allaitantes a baissé de 252.000 têtes, soit un recul de 6,2% en quatre ans.

Toutes catégories confondues, les éleveurs français ont réduit la taille de leur troupeau allaitant. Selon une récente enquête de l’Institut de l’élevage (Idèle), 2.700 ateliers sont créés chaque année mais 7.800 sont fermés, de petite dimension essentiellement. Seuls, le sud du Massif-Central et le Nord-Est résistent à cette vague de décapitalisation. Les effectifs oscillant mois après mois, on dénombrait environ 3,750 millions (M) de vaches en août 2020 contre 4,1 M en avril 2016.

Hormis les départements de la Lozère et du Cantal dans le Massif-Central où la production de bovins viande reste encore attractive car c’est parfois la seule solution pour rester agriculteur, pas une seule région française n’échappe à cette réduction d’effectifs. Toutefois, elle est plus importante dans les Pays de la Loire, où les éleveurs s’orientent vers d’autres productions à moins qu’ils ne se reconvertissent vers d’autres activités, que dans le nord-est de la France. Dans cette région, le nombre de vaches allaitantes, même en recul, demeure supérieur à celui de 2013.

Recul généralisé

Seuls, les élevages de plus de 100 vaches allaitantes détenaient quelques animaux supplémentaires à la fin de 2019 par rapport à 2016. Hormis ceux-là, les effectifs d’animaux ont baissé dans toutes les autres catégories d’ateliers, de 1 à 99 vaches. Une des explications avancées est la succession de périodes de sécheresse. En effet, les éleveurs ont fait face à la pénurie de fourrages en se séparant de quelques animaux.

Mais l’analyse de la filière de production en fonction de la taille des ateliers, de leur spécialité et de l’âge des agriculteurs délivre d’autres informations plus structurelles. Depuis quatre ans, 1.300 ateliers disparaissent chaque année. En 2019, on dénombrait 56.700 élevages de plus de 20 vaches contre 72.900 en 2001. Avant 2013, seuls 720 ateliers fermaient chaque année.

Parallèlement à la baisse des effectifs d’animaux, le rythme de fermeture des ateliers varie d’un département à l’autre. Ces derniers sont plus nombreux à avoir cessé leur activité en Vendée (-63 par an) et en Haute Vienne (-41 par an) qu’en Ardennes (-4 par an). Tandis qu’en Lozère, on dénombre 2 ateliers de plus par an!

L’hémorragie des petits ateliers

Le facteur taille est aussi à prendre en compte. En quatre ans, 35% des détenteurs de moins de 10 vaches allaitantes ont disparu contre seulement 1% à 4% pour ceux qui conduisent un troupeau de plus de 70 vaches. Les reconversions d’ateliers lait-viande ou viande-lait sont marginales avec un solde globalement nul. Aussi, les 2.700 installations ou créations d’ateliers allaitants ou mixtes, recensées entre 2016 et 2019, ne sont pas suffisantes pour compenser les 7.800 ateliers disparus.

Pour les personnes non issues du monde agricole, la passion pour l’élevage ne lève pas les freins à l’installation. Le montant des capitaux à financer est élevé alors que leur rentabilité est faible. Par ailleurs, les fermes à reprendre ne correspondent pas aux attentes des repreneurs davantage orientés vers les circuits courts et des fermes de petites dimensions. Les profils de formation des porteurs des candidats à l’installation sont souvent inappropriés.

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