Consommation
Offrir une seconde vie plutôt que de jeter
Les structures qui proposent le réemploi des objets fleurissent dans la région. En cette fin d’année, la Recyclerie Eco Solidaire d’Ossau ne désemplit pas.
Les structures qui proposent le réemploi des objets fleurissent dans la région. En cette fin d’année, la Recyclerie Eco Solidaire d’Ossau ne désemplit pas.

À l’approche des fêtes de Noël, la seconde main peut se présenter comme une solution pour les cadeaux de dernière minute et bon marché. L’affluence, ce samedi 14 décembre au matin, à la Recyclerie Eco Solidaire d’Ossau (Reso), à Arudy (64), est révélatrice. La structure revend les objets qui lui ont été déposés gracieusement, pour permettre leur réutilisation alors qu’ils auraient probablement fini en déchetterie. Ou pire à la poubelle.
Chrystel Delattre, la présidente de l’association, préfère d’ailleurs parler de tonnes de réemploi plutôt que de chiffre d’affaires. Depuis mars 2024, « 24,246 tonnes ont évité les bennes des déchetteries », se félicite-t-elle. Alors que la structure a dû faire des pauses depuis sa création en juillet 2021, pour cause notamment de déménagement, elle a redistribué autour de 55 tonnes d’objets.
Les 38 bénévoles se relaient le jeudi pour trier et contrôler les dons. Tous les articles vendus doivent être fonctionnels même si certains appareils électroménagers ne peuvent pas être autopsiés totalement. «On va mettre sous tension, ça va s’allumer ou pas, mais on ne va pas faire du pain avec une machine à pain. Par contre nous proposons une garantie, rembourser intégralement sous 15 jours s’il y a le moindre souci», assure Chrystel Delattre. De quoi donner confiance aux usagers.
La bonne affaire
Florence est une adepte du réemploi. Elle assure venir chaque semaine durant l’ouverture de la recyclerie, les lundis après-midi et samedi matin. «Chaque fois, je trouve quelque chose. J’adore chiner ici, ça attire beaucoup de monde et de tous milieux» lâche-t-elle, tout en gardant un œil sur les objets entassés pour ne pas manquer une bonne affaire. Vaisselle, décorations, mobilier… Sophie, ouvrière agricole, est à la recherche de cadeaux abordables, même si elle déplore quelques prix excessifs à son goût. Elle assouvit aussi sa curiosité et décèle dans les produits hétéroclites «la variété des gens». Elle apprécie également le côté convivial car elle « rencontre souvent des copains ». Même sentiment chez Christian, qui est bénévole depuis 3 semaines. La recyclerie lui permet de mieux faire connaissance avec les habitants de la vallée. Vendeur de pièces automobiles et retraité depuis 2022, le contact client lui manquait.
Et le côté social va bien au-delà de la simple convivialité. RESO a équipé, par exemple, gratuitement, des logements dans la vallée pour des réfugiés ukrainiens et syriens. Une manière de palier «le désert en aide social» comme le qualifie Gilbert, qui, non content d’être bénévole chez RESO, s’investit dans plusieurs structures caritatives.
Augmentation de la surface
Il suffit de s’acquitter d’une adhésion de 1 € afin d’avoir le droit de venir chiner dans ce bric-à-brac de 280 m2. Une surface un peu étriquée face à la quantité de dons. D’autant que l’association aimerait développer une matériauthèque pour disposer tout le matériel de chantier encombrant comme les portes, le carrelage ou le sanitaire. «La gestion des flux, c’est très très compliqué. On est obligé de s’étaler, d’encombrer les allées quand on ferme.» Heureusement, la surface va augmenter de 100 m2 d’ici le mois de mars. La communauté de communes de la Vallée d’Ossau, qui loue les locaux au sein du pôle d’activités Laprade, leur a proposé un local qui s’est libéré dans le même bâtiment.
F. H.