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Sandra Lanne-Touyagué refait chanter le moulin de Sabathier un demi-siècle après

À Conchez-de-Béarn (64), la meunière est parvenue à réaliser son rêve en reconstituant entièrement le moulin de son cœur arrêté depuis 1970 et en relançant son activité.

Depuis le 10 août dernier, le moulin — restauré par Sandra Lanne-Touyagué — est ouvert au public et accueille des groupes, des touristes, locaux et des enfants pour des visites, des lectures de paysages et d’autres activités.
© G. D. - Le Sillon

«Depuis toute petite je m’approprie ce moulin, j’y joue beaucoup, je me raconte des histoires. Je rêvais d’y vivre, de faire de la farine, de recevoir des invités…» confessait Sandra Lanne-Touyagué lors de l’inauguration du moulin de Sabathier à Conchez-de-Béarn (64) organisée le 14 septembre dernier. Devant un parterre d’élus départementaux, du préfet des Pyrénées-Atlantiques Julien Charles, d’artisans et de proches, Sandra Lanne-Touyagué est revenue sur l’histoire singulière de cet édifice et de sa restauration.

Situé sur la rive gauche du Lees, le moulin de Sabathier est inscrit sur la carte de Cassini, première publication topographique du royaume de France, en 1 770. Au fil des propriétaires et des aménagements, le lieu se construit une renommée. Au début du XXe siècle, alors propriété de la famille Lanne-Touyagué, le moulin connaît une véritable dynamique économique et devient une minoterie en 1933. Cette activité est alors prolongée par l’installation d’une boulangerie au cœur du village. Pour des raisons familiales, le moulin et la boulangerie cesseront leurs activités en 1970. Héritière du moulin, Sandra Lanne-Touyagué fait rénover la partie habitation pour s’y loger en 2020. Heureuse mais pas comblée, la propriétaire nourrit d’autres ambitions mais le canal est sec depuis 2012 et le moulin par conséquent à l’arrêt.

Dans ce contexte, la quadragénaire contacte différentes entités territoriales qui l’encouragent dans son projet de valorisation patrimoniale et culturelle.

Un long parcours

Elle monte un chapelet de dossiers approuvés par les fonds européens Leader, le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, la communauté de communes des Luys en Béarn, la Fondation du patrimoine, le Crédit Agricole, les Barriques d’or de la Cave coopérative de Crouseilles… Sandra Lanne-Touyagué vivra un long parcours émaillé de méandres administratifs et environnementaux.

Après l’édification de la digue sur le Lees et la renaissance du moulin au bout du canal d’amenée d’eau, cette démarche longue de 3 années sera menée à bien et se concrétisera par l’ouverture du site le 10 août dernier au public. Désormais, le moulin accueille des groupes de touristes, des locaux et des enfants pour des visites, des lectures de paysages et d’autres activités, ou encore des séminaires. Faire renaître ce lieu de mémoire, de partage mais aussi d’intérêt agritouristique et économique procure aujourd’hui une grande satisfaction à la propriétaire des lieux.

Farine et valorisation locale

Après avoir remercié l’ensemble des élus pour leur forte implication, Sandra Lanne-Touyagué a renouvelé «toute sa gratitude envers monsieur le préfet, venu sur site le 23 mai 2023 avec ses collaborateurs, se rendre compte du projet, sans qui, cette renaissance n’aurait pas été possible».

Lors de l’inauguration, Thierry Croix, artisan charpentier amoulageur depuis 6 générations dans le Maine et Loire, a détaillé la fabrication du bâti, la pose des meules et la bluterie en expliquant l’enchaînement des opérations — réalisées à partir du blé cultivé sur la ferme des parents Francis et Maryse Lanne-Touyagué — qui donne la farine de blé tendre du moulin de Sabathier mise à disposition des boulangers du secteur (N.D.L.R. : Pascal Wozniak, maître artisan boulanger de Lembeye réalise la baguette La Sabathière confectionnée avec la farine du moulin) et vendue à la propriété. Francis Lanne-Touyagué a clôturé l’inauguration par l’explication du fonctionnement du moulin.

«En levant la vanne ouvrière, le mécanisme se met naturellement et lentement en route grâce à l’écoulement de l’eau entraînant alors dans son flot arbre principal, poulies, courroies, arbre vertical, petit fer de meule pour faire la mouture entre la paire de meules en granit du Tarn.» 

Gilbert Delahaye

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