Combat sans frontière des femmes en milieu rural
Le récent voyage de la commission agricultrices de la FRSEA Aquitaine en Navarre a mis en évidence la problématique de l'engagement des femmes dans les exploitations et dans la société.

Sylvie Lafourcade, présidente de la commission agricultrices de la FRSEA Aquitaine (à droite), a expliqué le contenu de cette enquête à son homologue espagnole, Miren Sanz, présidente de l'association AMUR.
Ce voyage d'études organisé à la mi-octobre s'inscrivait dans une double filiation : les échanges FRSEA Aquitaine-UAG Navarre, initiés en 2007 autour du thème de la maîtrise de l'eau, et l'étude effectuée à la demande des commissions agricultrices des FRSEA Aquitaine et Midi-Pyrénées. Celles-ci avaient fait réaliser une enquête auprès de 700 agricultrices du Sud-Ouest pour aboutir à un plan d'actions visant à faciliter l'engagement citoyen des femmes (lire dessous). Cette étude visait notamment à mettre en évidence « les freins et les attentes des femmes par rapport à l'engagement sous toutes ses formes, associatif, politique ».
Les résultats collectés dans le Sud-Ouest avaient montré que la moitié des femmes était « engagée », au moins sous la forme d'une cotisation. Si la première revendication des femmes est de satisfaire leur besoin de remplacement quand elles partent en formation, elles veulent aussi revaloriser l'image des agricultrices, rappelle Sylvie Lafourcade qui constate entre autres, qu'« il n'y a aucune présidente de chambre d'agriculture en France ».
« Statut de l'agricultrice ? Place dans les institutions ? Valorisation du travail féminin, accompagnement à la prise de responsabilités ? Quotas de femmes dans les conseils d'administration-- ? Problèmes pour attirer les jeunes ? Pour faire émerger des femmes vers les responsabilités ? ». Autant de thèmes énumérés par Sylvie Lafourcade qui justifient ces échanges avec leurs homologues ibériques.
Agricultrices en Aquitaine, rurales en NavarreÉchanges que Miren Sanz juge « nécessaires pour continuer à travailler en faveur d'une égalité de chances entre hommes et femmes dans le milieu rural ». Ensemble, Navarraises et Aquitaines ont fait un tour d'horizon de leurs préoccupations. Là où les femmes de la FRSEA sont « agricultrices », les Espagnoles parlent de « femmes rurales ». Ainsi, le dernier cours organisé par AMUR (Asociacià³n de Mujeres Rurales de Navarra) a consisté en une formation de fleuriste de trois jours, ouverte à toutes les femmes, note Maria Angeles Sarazibar Nazabel, membre du conseil d'administration d'AMUR.
« Les femmes de l'agriculture existent, mais sans visibilité », regrette pour sa part Montse Altozano, secrétaire générale d'AMUR. Certes, le ministre de l'agriculture espagnol est une femme qui a succédé à une autre femme. Mais le secteur agricole reste très masculin : il n'y a pas de femmes par exemple, dans les responsables des coopératives. Du côté des pouvoirs publics, les femmes bénéficient d'aides particulières du régime social (retraite, mutuelle). Celles qui ont une activité agricole disposent d'un régime équivalent à notre MSA. Et celles qui s'installent à leur nom ont des aides à l'installation, précise Montse Altozano. Elles seraient 4.000 déjà installées en Navarre.
José Andres Palacios, directeur de l'UAGN, estime que les femmes représentent « entre 25 et 35 % » des actifs agricoles, dont beaucoup de conjointes. « Les responsables de l'UAGN sont favorables à l'intensification et à la reconnaissance du rôle de la femme en agriculture », assure-t-il. L'agritourisme pourrait être un moyen pour les femmes de s'imposer. Le vice-président David Lezaun Indurain reconnaît quant à lui qu'en Navarre, la majorité des chefs d'exploitation sont des hommes « mais c'est en train de changer ». Les exploitantes « parfois mieux formées que les hommes, bénéficient de davantage d'aides à l'installation ». Femmes et filles sont de plus en plus nombreuses à reprendre les exploitations.
Et l'actuelle représentante de l'agriculture au Conseil de Navarre vient de l'UAGN, fat remarquer le secrétaire général Félix Maria Bariain qui estime toutefois avec une certaine amertume qu'« elle est en train d'oublier d'où elle vient ! ».
Gérard MutoloLes leçons de l'enquêteEn 2008 et 2009, les commissions agricultrices des FRSEA Aquitaine et Midi-Pyrénées ont fait réaliser une enquête auprès d'un millier d'agricultrices du Sud-Ouest pour aboutir à un plan d'actions visant à faciliter l'engagement citoyen des agricultrices.
Ce travail, réalisé avec le soutien du conseil régional d'Aquitaine, a fait l'objet d'une présentation officielle à Montauban, fin 2009.
L'étude complète est accessible sur le site www.aquitainagri.fr ,à la rubrique « publications ».
En Aquitaine, près d'une exploitation professionnelle sur quatre est dirigée par une femme en 2005, contre une sur dix en 1988.
28.000 femmes — salariées non comprises — travaillent sur une exploitation comme chef d'exploitation, conjointe, associée, voire sans statut.
Les résultats collectés dans le Sud-Ouest avaient montré que la moitié des femmes était « engagée », au moins sous la forme d'une cotisation. Si la première revendication des femmes est de satisfaire leur besoin de remplacement quand elles partent en formation, elles veulent aussi revaloriser l'image des agricultrices, rappelle Sylvie Lafourcade qui constate entre autres, qu'« il n'y a aucune présidente de chambre d'agriculture en France ».
« Statut de l'agricultrice ? Place dans les institutions ? Valorisation du travail féminin, accompagnement à la prise de responsabilités ? Quotas de femmes dans les conseils d'administration-- ? Problèmes pour attirer les jeunes ? Pour faire émerger des femmes vers les responsabilités ? ». Autant de thèmes énumérés par Sylvie Lafourcade qui justifient ces échanges avec leurs homologues ibériques.
Agricultrices en Aquitaine, rurales en NavarreÉchanges que Miren Sanz juge « nécessaires pour continuer à travailler en faveur d'une égalité de chances entre hommes et femmes dans le milieu rural ». Ensemble, Navarraises et Aquitaines ont fait un tour d'horizon de leurs préoccupations. Là où les femmes de la FRSEA sont « agricultrices », les Espagnoles parlent de « femmes rurales ». Ainsi, le dernier cours organisé par AMUR (Asociacià³n de Mujeres Rurales de Navarra) a consisté en une formation de fleuriste de trois jours, ouverte à toutes les femmes, note Maria Angeles Sarazibar Nazabel, membre du conseil d'administration d'AMUR.
« Les femmes de l'agriculture existent, mais sans visibilité », regrette pour sa part Montse Altozano, secrétaire générale d'AMUR. Certes, le ministre de l'agriculture espagnol est une femme qui a succédé à une autre femme. Mais le secteur agricole reste très masculin : il n'y a pas de femmes par exemple, dans les responsables des coopératives. Du côté des pouvoirs publics, les femmes bénéficient d'aides particulières du régime social (retraite, mutuelle). Celles qui ont une activité agricole disposent d'un régime équivalent à notre MSA. Et celles qui s'installent à leur nom ont des aides à l'installation, précise Montse Altozano. Elles seraient 4.000 déjà installées en Navarre.
José Andres Palacios, directeur de l'UAGN, estime que les femmes représentent « entre 25 et 35 % » des actifs agricoles, dont beaucoup de conjointes. « Les responsables de l'UAGN sont favorables à l'intensification et à la reconnaissance du rôle de la femme en agriculture », assure-t-il. L'agritourisme pourrait être un moyen pour les femmes de s'imposer. Le vice-président David Lezaun Indurain reconnaît quant à lui qu'en Navarre, la majorité des chefs d'exploitation sont des hommes « mais c'est en train de changer ». Les exploitantes « parfois mieux formées que les hommes, bénéficient de davantage d'aides à l'installation ». Femmes et filles sont de plus en plus nombreuses à reprendre les exploitations.
Et l'actuelle représentante de l'agriculture au Conseil de Navarre vient de l'UAGN, fat remarquer le secrétaire général Félix Maria Bariain qui estime toutefois avec une certaine amertume qu'« elle est en train d'oublier d'où elle vient ! ».
Gérard MutoloLes leçons de l'enquêteEn 2008 et 2009, les commissions agricultrices des FRSEA Aquitaine et Midi-Pyrénées ont fait réaliser une enquête auprès d'un millier d'agricultrices du Sud-Ouest pour aboutir à un plan d'actions visant à faciliter l'engagement citoyen des agricultrices.
Ce travail, réalisé avec le soutien du conseil régional d'Aquitaine, a fait l'objet d'une présentation officielle à Montauban, fin 2009.
L'étude complète est accessible sur le site www.aquitainagri.fr ,à la rubrique « publications ».
En Aquitaine, près d'une exploitation professionnelle sur quatre est dirigée par une femme en 2005, contre une sur dix en 1988.
28.000 femmes — salariées non comprises — travaillent sur une exploitation comme chef d'exploitation, conjointe, associée, voire sans statut.