Aller au contenu principal

Faut-il revoir le dispositif des prêts bonifiés?

Les prêts bonifiés à l’agriculture sont un vrai enjeu pour l’État, la profession agricole mais aussi les banques. Une mission conjointe entre l’Inspection générale des finances et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) a fait le point sur ces dispositifs financiers dans une étude publiée le 3 février dernier.

file-Pour la profession agricole, notamment les jeunes agriculteurs, «le dispositif des prêts bonifiés a encore tout son sens dans la mesure où il serait de nature, pour les candidats à l’installation, à faciliter l’accès au crédit bancaire»
Pour la profession agricole, notamment les jeunes agriculteurs, «le dispositif des prêts bonifiés a encore tout son sens dans la mesure où il serait de nature, pour les candidats à l’installation, à faciliter l’accès au crédit bancaire»

La mission n’est pas tendre au sujet des prêts bonifiés: «Un dispositif d’une lourdeur croissante», «largement vidé de son sens» avec un «traitement administratif complexe et coûteux». Elle analyse les enjeux de chacun des acteurs. Ainsi, «pour l’État, l’enjeu est multiple: enjeu budgétaire et financier, enjeu de simplification administrative et d’économie de personnel, enjeu d’aménagement du territoire», annonce la mission.

La suppression du dispositif représenterait une économie de l’ordre de 55 millions d’euros (11 millions de l’État et 44 millions du Feader) en 2016 et qui pourrait atteindre 110 millions d’euros (22 millions de l’État et 88 millions du Feader) en 2020. De plus, en termes de personnel, cela correspondrait à «une économie de 50 à 100 équivalents temps plein (ETP) dans les directions départementales des territoires, ainsi qu’une vingtaine à l’Agence de service et de paiement (ASP)».

Remplacer les prêts par un CICE à l’agriculture

Pour la profession agricole, notamment les jeunes agriculteurs, «le dispositif des prêts bonifiés a encore tout son sens dans la mesure où il serait de nature, pour les candidats à l’installation, à faciliter l’accès au crédit bancaire», estime la mission. Pour les banques, ces prêts bonifiés pourraient «être même qualifiés de produit d’appel».

En effet, d’après le rapport, les prêts bonifiés, «outre la rémunération pour frais de gestion octroyée par l’État (10% environ du montant de la bonification distribuée), procurent indéniablement aux banques un accès privilégié à la clientèle agricole». Le Crédit agricole semble particulièrement favorisé dans ce dispositif, évoque clairement le rapport.

Du côté des Régions, la mission n’établit pas d’enjeu particulier. Pour autant, si les prêts bonifiés étaient amenés à disparaître, cela permettrait une réallocation des fonds vers d’autres destinations, «valorisant mieux leur politique et leur montée en responsabilité sur le développement rural».

Des enjeux techniques et budgétaires

Du côté de l’Agence de service et de paiement (ASP), ce sont des «enjeux techniques et budgétaires» qui apparaissent avec la suppression ou non des prêts bonifiés via «la gestion des stocks de prêts bonifiés, l’enregistrement des nouveaux prêts et l’établissement des factures».

Six scénarios ont été établis afin d’estimer l’impact d’une suppression, du maintien ou d’une évolution de ces prêts bonifiés. Ont été prises en compte des demandes des syndicats majoritaires, comme celle de remplacer les prêts bonifiés par l’application du CICE au secteur agricole, accompagnée de financement par des prêts garantis. Un dispositif qui «aurait le mérite d’une réelle simplification de l’intervention de l’État», conclut la mission.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Le Sillon

Les plus lus

L'Agenda de votre semaine

Réunion d'informations, sortie culturelle, conférence débat, portes ouvertes : retrouvez tous les événements  organisés…

Les festivités reprennent dans le Saint Mont

Comme chaque année, un copieux programme a été concocté pour le traditionnel Vignoble en fête des vignerons de Plaimont,…

Euralis et Maïsadour annoncent leur fusion

Les deux groupes coopératifs, dont les résultats financiers se sont érodés ces dernières années, ont engagé des discussions…

Esprit du Sud s’attache à défendre et transmettre les cultures locales

L’association poursuit son travail de fond pour faire comprendre l’importance de préserver les cultures régionales en tâchant…

La filière foie gras, un phoenix à qui on coupe les ailes

Peu à peu la France regagne le terrain qu’elle avait perdu. Cependant, les responsables de la filière sont vent debout contre…

Les aspergeraies s’animent

La récolte entamée le 22 février se poursuit chez Armand Grihon. À la tête de 29 ha d’asperges blanches, le jeune producteur…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 98€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site du Sillon
Consultez le journal Le Sillon au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal du Sillon