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L'art d'avoir des animaux "sympas"

Le Sommet de l'élevage et le colloque INRA ont été l'occasion, pour Xavier Boivin, de présenter ses travaux de recherche sur l'amélioration de la relation homme-animal.

file-Mécanisation et augmentation de la taille des troupeaux ont eu pour résultats une diminution du nombre de contact direct entre l'éleveur et ses animaux. Pourtant, une interaction positive permet de travailler en sécurité sans perte de temps. © Réuss
Mécanisation et augmentation de la taille des troupeaux ont eu pour résultats une diminution du nombre de contact direct entre l'éleveur et ses animaux. Pourtant, une interaction positive permet de travailler en sécurité sans perte de temps. © Réuss
Une interaction positive avec son troupeau permet à  l'exploitant de travailler en sécurité sans perte de temps et de manière agréable. « La satisfaction de l'agriculteur est aussi un enjeu. Il est toujours plus valorisant de montrer un troupeau calme, sachant qu'il est à  l'image de l'éleveur. L'impact économique est également à  prendre en considération. En effet, la peur et le stress de l'animal engendrés par des manipulations aversives de l'homme aboutissent à  des conséquences sur la quantité et la qualité de la production», constate Xavier Boivin, éthologiste à  l'Inra de Theix. Le dernier enjeu, si on se place du point de vue de l'animal, tient compte des questions de bien-être et des souffrances animales pour lesquelles le grand public porte de plus en plus d'intérêt.
Induire de bons contacts
La généralisation de la mécanisation ou encore l'augmentation de la taille des troupeaux ont eu pour résultats une diminution du nombre de contact direct entre l'éleveur et ses animaux. « Les contacts aversifs stressants (fouille, interventions vétérinaires douloureuses) sont importants, d'où une peur accrue des animaux face à  l'homme, évoque Xavier Boivin. Il faut avoir conscience qu'un nombre d'interactions positives supérieures (distribution de l'alimentation, caresses) à  celles négatives est absolument nécessaire pour obtenir une bonne relation et ainsi faciliter la manipulation ».
L'éthologiste recommande, en outre, de changer son comportement au quotidien. Lors d'une réaction non souhaitée de l'animal, il faut essayer de comprendre pourquoi celui-ci a réagi ainsi avant d'agir. Par exemple, un animal se met de travers dans le couloir de contention et bloque les autres. Au lieu de taper sur le dernier du groupe (non fautif) pour faire avancer l'animal en cause, il est plus judicieux de se rendre vers celui-ci et d'analyser la situation pour adapter la solution. « Sinon l'animal ”puni” inutilement ne peut que se souvenir de ce mauvais traitement »
En collaboration avec des chercheurs australiens, Welfare Quality(r) a développé un kit de formation multimédia construit pour aider les éleveurs à  améliorer leurs rapports avec les animaux.
Ce programme intitulé « Quality Handling » a pour objectif de réduire le stress à  la manipulation et dans le même temps d'améliorer le bien-être, la facilité de manipulation et la productivité. Il s'agit d'une formation par petits groupes, incluant des espaces de discussions. Un logiciel de formation a été développé et adapté en français. « Il utilise une approche cognitive et comportementale afin de cibler les habitudes des éleveurs qui peuvent apparaître comme difficiles à  changer », explique Xavier Boivin. Ce projet européen de recherche « Welfare Quality » lancé en 2004 pour sept espèces animales a été conduit par 13 pays européens et quatre pays d'Amérique. Ce logiciel, « Quality Handling », décrit par exemple, comment les réponses, de peur des animaux, varient entre fermes, comment la peur de l'homme peut affecter la productivité et la facilité de manipulation, comment construire une relation homme-animal positive, comment les animaux perçoivent leur environnement, comment améliorer et entretenir les représentations et comportements des éleveurs quand ils retournent sur leur exploitation.
« Pour l'instant, nous sommes à  la phase de stratégie de commercialisation. Nous réfléchissons au meilleur moyen de le diffuser. Des outils pédagogiques additionnels sont à  la disposition des éleveurs, tels que posters à  coller dans les exploitations, lettres d'information et vidéos ».
Cyrielle Delisle
Expertise INRA
L'INRA, à  la demande des ministres chargés de l'agriculture et de la recherche, a mené
une expertise scientifique collective (Esco) sur le thème : « de la douleur au bien-être
des animaux d'élevage ».
Cette demande faisant suite à  la sensibilité croissante de nos sociétés sur ce sujet. L'expertise a ainsi conduit à  une mise en perspective des composantes biotechniques et sociétales de la question de la douleur animale et des connaissances utiles pour la réduire. Elle a également relevé des lacunes et des controverses scientifiques et pointés des besoins de recherche complémentaires. Cette expertise a permis d'identifier des alternatives qui limitent voire suppriment la douleur. Selon la démarche dites des 3 « S » :
- Supprimer la source de douleur.
- Substituer une technique par une autre moins douloureuse.
- Soulager la douleur par des traitements.

La synthèse est disponible sur le site de l'INRA, www.inra.fr
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