Les sondes au service de la précision de l'irrigation
Face aux restrictions croissantes qui pèsent sur l'irrigation, l'optimisation de la ressource en eau est au centre des préoccupations des irrigants qui accordent de plus en plus d'importance à leurs outils de pilotage. Parmi eux, les sondes de mesure de l'état hydrique du sol sont de précieux indicateurs pour décider de la mise en route et de l'arrêt de l'irrigation.

Technologie bien connue et qui fait ses preuves depuis plus de vingt ans, la sonde tensiomètrique reste le moyen le plus abordable pour faire du pilotage. Cette technologie n'a pas évolué, mais ces dernières années, la télémétrie a permis d'améliorer le suivi des mesures pour être plus réactif.
Cette évolution renchérit toutefois son prix: de 600 à 700 euros pour 6 sondes avec l'enregistrement au champ à 1250 euros avec un boîtier de transfert des données par GPRS. La fiabilité de leur mesure est conditionnée par la mise en place contraignante de trois paires de sondes, pour trois points de mesure à deux profondeurs différentes.
Un service de pilotage
De développement plus récent, les sondes capacitives offrent une mesure directe de l'humidité du sol avec une bonne précision et surtout, peu de dispersion des mesures. Les sondes multicapteurs permettent un seul point de mesure. Revers de la médaille, leur coût élevé (1000 à 3000 euros la sonde) ne favorise pas leur utilisation en individuel.
Autre contrainte, l'installation des sondes et l'interprétation des mesures demandent une technicité et un investissement personnel pour tirer parti de leur potentiel. On comprend mieux pourquoi ces équipements se sont principalement développés par l'intermédiaire de coopératives, de groupements de producteurs ou encore de chambres d'agriculture.
Les agriculteurs peuvent ainsi souscrire à un service de conseil, sans avoir à investir dans les sondes et à se former pour leur utilisation. Solution intermédiaire, l'irrigant s'équipe de sondes et se fait assister pour le suivi et l'interprétation des mesures. Distributeur des sondes Sentek, Agralis propose, par exemple, un conseil à l'irrigation qui va de 150 à 500 euros par an.
Un précieux apport
Outre les cultures industrielles à forte valeur ajoutée, les sondes capacitives intéressent surtout les maisiculteurs qui ont une ressource en eau limitée ou qui souhaitent valoriser leur ressource sur une plus grande surface. Le pilotage du mais peut être précédé par celui des céréales durant la période cruciale de mars à mi-mai. L'agriculteur déplace ensuite ses sondes pour les mettre dans le mais. Cette double utilisation améliore le retour sur investissement.
En pratique, la précision des sondes capacitives permet de mieux appréhender la dynamique de l'eau et l'activité racinaire. La technologie permet d'anticiper ce qui se verra sur la culture dans les heures ou les jours à venir. Attention toutefois à ne pas se fier uniquement à leur mesure. Les bilans hydriques et la connaissance précise de la pluviométrie ne doivent pas être négligés. D'où l'intérêt, selon certains spécialistes, d'utiliser en complément une station météo au champ qui pourra partager le même dispositif d'enregistrement et de transfert des données que les sondes.
Michel Portier