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Qualité de l'eau en montagne basco-béarnaise

Toujours mieux D'année en année, les prélèvements effectués dans les estives montrent que la qualité de l'eau dans les cabanes de berger ne cesse de s'améliorer.

file-Réservoir de Gourgue sec (commune de Bedous) : des équipements de ce type ainsi que des périmètres de protection captage (photos ci-dessous) contribuent à  la sauvegarde de la qualité de l'eau dans les estives du Béarn et du Pays basque © IPHB
Réservoir de Gourgue sec (commune de Bedous) : des équipements de ce type ainsi que des périmètres de protection captage (photos ci-dessous) contribuent à  la sauvegarde de la qualité de l'eau dans les estives du Béarn et du Pays basque © IPHB
Cela coule de source : l'eau de montagne est, par nature, fraîche et limpide ! Et pourtant, la qualité aquatique en altitude demeure plus que jamais un sujet de préoccupation et de vigilance permanente. L'enjeu est à  la fois économique, environnemental et réglementaire, notamment pour la fabrication du fromage d'estive. Dans le cadre de la mise aux normes des cabanes d'estive, l'attribution d'un permis de construire est d'ailleurs conditionnée à  l'obligation d'un contrôle annuel de la qualité de l'eau et du lait à  la cabane. 64 % en classe « 1 » L'analyse des données recueillies lors de ces contrôles confirme, d'année en année, la progression de la qualité d'ensemble. En cet été 2010, 90 % des cabanes disposent d'une eau conforme aux normes bactériologiques requises. 64 % figurent même dans la classe 1 * (zéro germe pathogène) : 24 % seulement des cabanes étaient classées dans cette catégorie d'excellence en 1998 (lire zoom ci-dessous). Il faut dire que depuis cette date, une véritable stratégie a été engagée par les interlocuteurs concernés. L'une des premières mesures avait consisté à  éloigner les points d'abreuvement des sources afin de limiter les risques de souillures animales. Puis, des périmètres de protection ont été placés autour des captages. Et un « service d'assistance technique de l'eau en estive » a été instauré. Placé sous la responsabilité de la mairie ou du syndicat de vallée et sous le contrôle de la DDASS, ce service comporte « trois phases » explique Didier Hervé, directeur de l'IPHB (Institution patrimoniale du Haut Béarn). La première opération consiste à  vérifier, après la fonte des neiges, l'état d'installations (captage, périmètre de protection). La seconde phase est la réalisation de prélèvements des échantillons. Troisième étape : l'interprétation des résultats des analyses et le diagnostic. Apparemment simple dans son principe, le système s'est avéré particulièrement fastidieux dans sa concrétisation. Les prélèvements dans chacune des cabanes disséminées dans les estives (120 au total entre Béarn et Pays basque) doivent en effet être assurés par du personnel habilité. La plupart des cabanes n'étant pas accessibles en voiture, l'agent préleveur des « Laboratoires des Pyrénées » s'y rendait à  pied, accompagné d'un technicien de la chambre d'agriculture ou du centre départemental de l'élevage ovin. Il fallait donc plusieurs mois pour mener à  bien cette tàche, ce qui ralentissait d'autant l'obtention et l'interprétation des résultats des analyses. La formule a très vite montré ses limites : « en 2003, la chambre d'agriculture et le centre ovin ont dit stop ! », se souvient Didier Hervé. Chacun a convenu qu'il fallait réaliser le maximum de prélèvements en un minimum de temps. En cas de contamination, il importe de déceler l'anomalie dans les plus brefs délais afin d'y remédier au plus tôt. Comme pour d'autres opérations en montagne, il a donc été décidé de faire appel à  l'hélicoptère, du moins en vallée d'Aspe et d'Ossau. En cet été 2010, cette action financée par le conseil général a permis de réaliser en une seule journée — le lundi 12 juillet — 55 prélèvements (pour 60 cabanes). L'ensemble du service d'assistance technique représente un budget de 35000 € : « Les analyses sont refacturées aux communes ou syndicat de vallée », précise M. Hervé. Les fonds publics servent ainsi à  payer les déplacements : en hélicoptère en Béarn, en voiture en Pays basque où les cabanes sont facilement accessibles. Quant aux bergers, ils ont pour mission d'assurer le nettoyage et l'entretien des captages (photos ci-dessous). L'amélioration constante de la qualité confirme que cette judicieuse répartition des responsabilités porte ses fruits et que ce partenariat intelligent mérite d'être poursuivi Guy Mimbielle 90 % aux normes Pour mesurer l'évolution de la qualité bactériologique de l'eau en estives, la DDASS contrôle les teneurs en germes pathogène : coliformes totaux (CT) d'origine non animale, escherichia coli d'origine animale (EC) et entérocoques intestinaux (EI) Les cabanes sont classifiées selon une nouvelle grille qui comporte désormais six catégories : de la classe 1 (zéro CT, zéro EC et zéro EI) à  la classe 6 (présence d'EC et/ou EI supérieure à  50/100 ml). Si l'eau de la cabane contrôlée se situe dans l'une de trois premières classes (présence d'EC et/ou EI inférieure à  5/100 ml), elle est jugée conforme aux normes en vigueur. En revanche, les classes 4, 5 et 6 sont synonymes de non-conformité. 90 % des cabanes des 120 cabanes du Béarn et du Pays basque sont conformes. 64 % sont même en classe 1.
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